21 novembre 2007

La mécanique du coeur

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Après un quatrième album, « Western sous la neige », sorti en 2002, oscillant difficilement entre bizarrerie originale et poétique et rock français qui les a définitivement projeté sous les projecteurs, et un cinquième en 2005, « Monsters in love », très singulier, qui faisait un rapprochement entre la musique du groupe et l’univers créé par Tim Burton, Dionysos revient en cette fin d’année avec non pas un album, mais un véritable conte musical.

Car en effet, bien au-delà de la musique et des dix huit chansons qu’on y trouve, ce qui accroche en écoutant ce disque est qu’un histoire véritablement émouvant, mais aussi d’une très profonde noirceur.
En quelques mots, Jack est né le jour le plus froid du monde, à Edimbourg en 1874. Son cœur en reste gelé, et la sage-femme qui s’occupe de lui le sauve en le remplaçant par une horloge. Cette prothèse, bien que vitale, lui impose de ne pas toucher aux aiguilles qui la fixe, de ne jamais se mettre en colère et surtout ne jamais se laisser tomber amoureux, sous peine de détruire ce substitut d’organe. Ce cruel destin est entravé le jour où il rencontre une petite chanteuse de rue, qui va enflammer son cœur d’un bonheur nouveau, mais aussi d’une terrible souffrance, lui faisant connaître les délices de l’amour comme sa dureté.

Dans cette vision triste, macabre et malheureusement réaliste de l’amour, se trouve une magie et une émotion palpable, vraiment très forte, et qui ne peut pas nous laisser indifférent, tant l’histoire et la recherche musicale sont intenses. Utilisant à merveille l’instrument phare des Dionysos, le yukulélé, mais aussi des bruitages de coucou qui rappellent l’horloge, le piano, la cloche, le xylophone, ce conte est une véritable exploration musicale, expérimentant, testant, mais sans jamais faire de fausse note. De même, le nombre de personnes ayant été conviées à la réalisation de la « Mécanique du cœur » est tout bonnement impressionnant, et rien que les noms donnent l’eau à la bouche. En vrac : Emilie Loizeau, Arthur H reprenant « When the Saints Go Marchin’in », Olivia Ruiz... mais aussi la présence surprennement agréable du slammeur Grand Corps Malade dans deux chansons excellentes basées principalement sur le rythme des paroles mais aussi les bruitages à la bouche, à l’image de Camille ; Jean Rochefort qui crie un très sympathique « Anda... Anda... Andalouiza ! » ; Eric Cantona très convaincant pour conter l’Epilogue.

Le seul regret que j’ai à formuler pour ma part est la présence trop effacée de Babet qui ne chante que dans un seul morceau.

En conclusion, la « Mécanique du cœur est mon coup de cœur (évidement) de cette fin d’année question disque, un véritable bijou qu’on peut écouter une centaine de fois sans se lasser, pour peu qu’on accroche à l’univers des Dionysos. Une réussite.

Tais toi mon coeur...
(Premier clip sorti de l'album, très esthétique et burtonien ^^)

Posté par TheLetoWalker à 14:58 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur La mécanique du coeur

    parce que tu me l'a fait acheter
    parce qu'il est superbe (aussi bien aux niveaux du contenu que du contenant)
    parce que j'adore l'ambiance dans laquelle nous plonge ce disc
    parce que c'est beaux
    Parce qu'il fallais bien que je te remercie de m'avoir fait découvrir ça ^__^

    Posté par Tyranha, 06 décembre 2007 à 21:21 | | Répondre
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